
Tout sera finalement arrivé par hasard, comme à chaque fois depuis son emploi d'étudiant standardiste à la RTBF à Mons en Octobre 82.
Un soir de novembre 83, les organisateurs du festival du rire de Braîne-le-Comte (Bel) lui téléphonent pour lui proposer de venir jouer « son » spectacle à l'occasion de l'édition suivante en mai 84. Car pour eux, il était d'évidence que le personnage loufoque qui agrémentait depuis près d'un an leur dimanche matin à la radio devait avoir un spectacle à leur proposer.
Erreur ! Rien n'était alors prévu au programme.
C'est ainsi qu'avec autant d'inconscience que de culot il accepte l'invitation à venir présenter son one-man-show six mois plus tard...
... et six mois plus tard, il crée sur scène sans vraiment s'en rendre compte les premiers personnages qui le rendront populaire pour les vingt ans à suivre.
C'est effectivement à l'occasion de ce tout premier spectacle qu'il coiffe pour la première fois le casque (blanc à l'époque, repeint en rouge par la suite) qui ne le quittera plus par la suite.
C'est surtout ici qu'il va créer le personnage d'Amédée qui lui restera définitivement chevillé au corps pour la suite...
Quelques années plus tard, après d'innombrables chapiteaux et autres fêtes de village, un producteur avisé lui propose sa première véritable scène. Ce sera « Le Forum » à Liège pour deux représentations à guichets fermés devant plus de 2.200 personnes chaque soir, avec en première partie un certain... Jean-Marie Bigard.
Philippe Luthers, producteur de télévision à la RTBF, intrigué par ce succès lui propose alors d'enregistrer ce spectacle certes encore un peu étriqué et maladroit.
Alors, il le retaille, le démonte, l'enrichit de nouveaux textes, de personnages, de musiques, de claviers, de guitares, lui trouve un titre (58 ans en 2021)... et donne deux représentations enregistrées par les caméras de la RTBF au centre culturel de Seraing.
La diffusion qui s'en suit, lors d'une timide programmation un dimanche à 22h00, réalise pourtant une audience tout à fait inattendue.
Le lendemain, l'administrateur général de la RTBF, Monsieur Robert Stéphane, l'appelle et lui pose la question : « Pourquoi ne faites-vous pas de télévision ? ».
Ainsi débute une longue collaboration complexe avec la télé de service publique.
Au fait, pourquoi « 58 ans en 2021 » ?
Parce que François Pirette était avant tout un personnage de radio, pire, de canulars téléphoniques à qui Thierry avait donné 58 ans pour mieux se faire admettre des auditeurs, persuadé à l'époque qu'on ne lui pardonnerait pas autant d'insolence si on avait su qu'il n'en avait que 19.
Lorsqu'il s'est agi de monter sur scène, « 58 ans en 2021 » fut, plus qu'un titre, un stratagème pour révéler au public et surtout aux auditeurs convaincus que le personnage radiophonique existait bel et bien et qu'il était réellement âgé de 58 ans, que son auteur pour sa part ne les aurait qu'en 2021 et qu'il n'en avait donc que 28!