La Bonne Planque

En décembre 2002, le rêve de François Pirette de voir à nouveau le rideau se lever sur le monument du rire de son enfance devenait enfin réalité : « La bonne planque » ressuscitait... en chair, en os et en couleurs!

C'est au beau milieu des années soixante, que le tout petit Pirette découvre Bourvil à la télévision (noir et blanc et image carrée de l'époque) dans la désormais célébrissime scène du fou rire.

François (Thierry à l'époque), né l'année même de la création de la pièce, n'aurait alors jamais imaginé que trente ans plus tard le destin l'inviterait à mettre les mains dans le cambouis de ce petit chef d'oeuvre du théâtre populaire.

Et pourtant, en 2001, l'humoriste se remonte les manches et entreprend de démonter un à un tous les rouages de la mécanique comique alors ciselée sur mesure pour Bourvil. Conscient qu'à l'époque, ce travail de haute couture humoristique avait été ajusté au millimètre au talent hors normes du monstre sacré, Pirette décide de réécrire de bout en bout les situations et les dialogues aujourd'hui un peu sépia.

Mais c'est dans le plus grand respect de l'oeuvre originale de Michel André et avec toute la tendresse de la nostalgie que l'auteur belge signe ici une adaptation et une mise en scène délirantes, boostées de dialogues décapants et de situations nouvelles d'une rare efficacité.

« La bonne planque » version Pirette, c'est désormais la Ford T de Gaston Lagaffe équipée d'un moteur bi-turbo !

Mais pour redonner vie à ce morceau d'anthologie, l'intrépide adaptateur/metteur en scène avait besoin d'une équipe de comédiens de tempérament !

C'est ainsi que pour endosser le rôle-titre créé par Bourvil, François Pirette a fait appel à Pierre Aucaigne (déjà complice dans « le Père-Noël est une ordure ») qui, une fois de plus, est ici éblouissant de drôlerie, de justesse et d'invention. Nous connaissons tous le comédien sous les traits et le béret de « Momo », mais le personnage qui le rendit populaire à la télévision n'est que l'infime partie d'un immense talent méconnu. En effet, Pierre Aucaigne, dès son entrée en scène, réussit le tour de force immédiat de nous faire oublier son illustre prédécesseur !

Quand à Bérénice, William Dunker, Agathe Lecaron, Roberto d'Orazio et Alain Doucet, ils semblent tous avoir été taillés chacun pour leur rôle (à moins que ce ne soit l'inverse) tant la partition qu'ils jouent sous la direction de leur camarade de jeu François Pirette sonne d'une harmonie que l'on ne voit plus aujourd'hui que trop rarement sur les planches du boulevard, genre trop souvent méprisé et pourtant si jubilatoire !

D'ailleurs la télé, une fois encore, ne s'y trompe pas.

Après quelques représentations seulement, la RTBF propose de relever un défi de plus : jouer la pièce le 23 décembre 2003 en direct pour la télévision. Du jamais vu.

Pirette relève bien sûr le défi et installe alors sa troupe pour trois soir au Palais des Congrès de Liège. Les deux premiers sont enregistrés pour une sortie future en DVD et le troisième est diffusé en direct, comme convenu.

Ce soir-là, après le journal et un tunnel de pub, le générique est lancé. François Pirette est le premier à entrer en scène et personne n'a plus le droit à l'erreur.

Au lendemain, l'équipe apprend que c'est un nouveau triomphe d'audience.

« La bonne planque » version Pirette réalisera cette année-là la première audience de l'année pour la RTBF (la deuxième étant d'ailleurs le journal qui la précédait ce soir-là) et la troisième audience nationale, toutes chaînes confondues.

DVD à suivre...

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