En 2005, François traverse une année douloureuse. Sa grand-mère disparaît au printemps et la santé de son père décline de façon alarmante.
Il sait pourtant qu'en octobre, il devra livrer un nouveau spectacle attendu à la fois par RTL-TVI et par une saison confirmée de longue date dans les théâtres.
Mais le coeur n'y est pas et le doute l'envahit de plus belle. En septembre, il n'a toujours pas écrit la moindre ligne. L'angoisse paralyse son stylo et la page blanche semble avoir décidé de rester immaculée pour longtemps.
A trois semaines de l'échéance, les premiers mots coulent enfin et c'est quasiment d'un seul jet qu'il écrit le spectacle le plus sombre, le plus désespéré et peut-être pourtant le plus drôle qu'il n'ait jamais écrit.
Pour titre, il lui choisit : « Chaleur-charbon », en hommage à sa grand-mère.
Il est vrai que chez elle, lorsqu'il lui rendait visite, été comme hiver, il faisait au moins 47°... Et à la moindre remarque sur cette atmosphère de sauna, elle répondait fièrement : « Chaleur-charbon ! », reprenant ainsi un slogan publicitaire des années 50 qui vantait les qualités calorifiques de ce qui avait fait à une autre époque la fortune de sa région.
Mais au-delà d'un titre, « Chaleur charbon » est surtout un sketch qui conclut un spectacle désespérément optimiste dans lequel Pirette incarne un mineur de fond en 2017. Dans ce texte, il combat l'idée qui lui semble de plus en plus présente et de plus en plus inquiétante qui voudrait, compte tenu des frustrations et du désarroi de nombreux de ses contemporains, que la vie était plus belle avant.
Il décide donc de mettre en scène cette utopie dans un tableau où un ancien chômeur croit retrouver l'espoir d'un monde enfin meilleur depuis qu'un homme politique est parvenu à convaincre que la solution à tous les maux est la réouverture des charbonnages. Cela va donner un sketch final volontairement pathétique, antidote espéré à une nostalgie dangereuse et régressive.
Le personnage quitte la scène en concluant le spectacle par : « On m'a promis la lune, mais cette fois, elle va venir, pour preuve, on a déjà retrouvé la nuit ! ».
Mais rassurons nous, ce nouveau spectacle est surtout et avant tout un énorme pied de nez aux angoisses, aux déprimes, aux mépris, aux médiocrités et aux égoïsmes de ce début de millénaire.
Seul véritable bonbon acidulé de ce nouveau show, son sketch-cadeau à sa meilleure amie, Justine Henin-Hardenne. Dans ce texte qu'il voulait à la fois tendre et sans compromis, il incarne la championne au jour de sa deuxième victoire à Roland Garros et lui fait dire tout ce qu'il croit deviner qu'elle ne pouvait jusque-là dire elle-même.
Le 18 décembre 2005, à Ath, après seulement une petite dizaine de représentations, le spectacle est enregistré à deux reprises dans la même soirée, mais cette fois pour RTL-TVI.
François regrette déjà qu'il ait fallu, pour des impératifs de calendrier, enregistrer ce spectacle aussi tôt. Il n'est pas satisfait.
Pourtant, quelques semaines plus tard, le 12 février 2006, il réalise la plus grosse audience jamais réalisée par lui auparavant à la RTBF ni par aucun autre artiste belge d'ailleurs.
« Chaleur-Charbon » se classe d'emblée meilleure audience nationale depuis plus d'un an toutes chaînes confondues avec 43,2 % de parts de marché !
Le lendemain, la presse unanime salue cette incroyable performance.
« Chaleur charbon » est disponible en DVD depuis fin 2006.
