Cela fait maintenant un an et demi qu'il est à Paris et qu'il collabore sur France Inter à « Rien à cirer » l'émission quotidienne de Laurent Ruquier.
C'est peut-être ce premier éloignement qui lui fait prendre conscience de la richesse de cette différence d'être Belge du Borinage lorsqu'on habite à Paris.
C'est cette différence dont il concevait sans doute jusque-là un complexe inavoué qui va au contraire le motiver à écrire son premier spectacle authentiquement originel encore plus qu'original.
C'est aussi dans ce spectacle qu'il va pour la première fois jeter en pagaille ses souvenirs d'enfance et d'adolescence, en réinventant à peine les personnages de sa famille, de son école, de sa rue...
« J'ai très bien connu Chose », est pourtant au départ un sketch improvisé un soir à la va-vite, par manque de temps ou de discipline, dans la loge d'une émission de télé, quelques instants avant de le jouer pour la première fois devant le public et les caméras.
C'est un sketch en guise d'hommage aux femmes de sa famille, vétitables « DesPirette house-wifes » qui, avant de raconter les derniers potins du quartier, tentent en vain d'en resituer les protagonistes à ceux qui les écoutent, ou plutôt qui les subissent, en se lançant dans d'interminables recoupements alambiqués du genre : « c'est le beau-frère du cousin de celle qui a marié l'ex-mari de la fleuriste dont le fils était dans les assurances avant qu'il ne tombe d'ailleurs gravement malade... » .
« J'ai très bien connu Chose » est peut-être le sketch le plus authentique, mais aussi le plus absurde et le plus abstrait jamais écrit par Pirette. C'est celui qui va définitivement imposer en Belgique son style nouveau, original et singulier.
« J'ai très bien connu chose » c'est aussi le premier véritable triomphe du comique avec plus de 100 spectacles (de trois heures chacun), près de 100.000 spectateurs, une cassette d'or et une de diamant, 32% P.M. à la télévision, etc...
Mais pour les fans, « J'ai très bien connu Chose », c'est surtout la première apparition de la mère en bigoudis et du casque cette fois peint en rouge.
Pour la petite histoire, le soir où il crée le spectacle au théâtre royal de Mons, sa soeur lui fait la surprise d'être dans la coulisse opposée à son entrée en scène. Lorsqu'il entre et la voit de l'autre côté, il crie naturellement son nom : « Nathaliiiiie... ».