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canulars fumés

Après un an de canulars téléphoniques, les auditeurs de la RTBF commencent à réclamer leur tranche de rire dominicale sur disque. Un premier album est donc édité. Epuisée depuis, cette première production se vend malgré tout à quelques 10.000 exemplaires.

Mais Thierry est déjà très embarrassé par le pseudonyme François Pirette qui n'était pour lui au départ que le nom d'un personnage parmi d'autres qu'il utilisait pour piéger les gens au téléphone. Il tient à se ménager une porte de sortie en croyant pouvoir se rebaptiser : « Adrien Mathis » (pseudo finalement tout aussi incongru que l'autre).

Il choisi Adrien pour avoir été marqué par l'un de ses films cultes « Rosemary Baby » de Roman Polansky, Adrien étant le prénom donné au bébé de la pauvre Mia Farrow. Joyeux !

Mathis est le nom de famille de son premier flirt, Catherine, qui lui avait laissé un spleen d'adolescent attardé digne d'un film de David Hamilton et le souvenir incomparable du parfum « Anaïs-Anaïs » de Cacharel.

Tout ça pour finir sur une pochette de disque de canulars téléphoniques réalisée par un ancien copain de classe. Pathétique !

sans rancune

En 1984, les disques Vogue lui proposent d'enregistrer un disque chanté.

A l'époque, outre Quiévrain, les blagues belges vont bon train. Il écrit donc une réplique humoristique intitulée « Sans rancune », en compose la musique et en confie les arrangements à Franck Fievez, à l'époque fidèle pianiste et arrangeur de Salvatore Adamo.

Quelques semaines après la sortie du disque en 45 tours et maxi, les disques Vogue disparaissent. De là à en déduire un quelconque rapport de cause à effet...

« Sans rancune », à défaut d'être un chef d'oeuvre (c'est même un disque assez médiocre) est par sa rareté une véritable pièce de collection, surtout en maxi.

fouteur de gens

En 1985, il récidive avec un album de canulars téléphoniques. Mais le plaisir de pouvoir enfin faire de la musique avec d'autres est trop grand. Il consacre donc une face à l'enregistrement de cinq chansons prétendues « comiques » qu'il écrit et compose.

Résultat : un désastre commercial et une catastrophe artistique.

Les rares détenteurs de ce pur chef d'oeuvre sont invités à le détruire au plus vite ou à le revendre à l'auteur, à prix modéré.

allo bonjour madame...

En 1987, l'émission devient publique. Elle est maintenant la plus grosse audience des chaînes radio de la RTBF.

La nouvelle direction du centre de production de Mons, d'où il réalise ses canulars, l'encourage à éditer un nouvel album avec les meilleures de ses dernières aventures.

L'album reprend entre autres ce qui pour beaucoup restera le meilleur canular jamais réalisé par Pirette : Les grottes de Han.

L'album est un succès. François est ravi, la RTBF et l'éditeur aussi.

pirette sur scène

Cela fait un moment déjà que Pirette bourlingue de chapiteaux en salles des fêtes. Un producteur le remarque enfin. C'est Alain Hauglustaine. Il lui propose de monter une première tournée, pour voir... C'est un succès immédiat.

Pourtant, le spectacle est encore bien maladroit.

A l'époque, enregistrer un spectacle en vidéo coûte encore excessivement cher. Trop cher pour le marché belge.

Alain propose donc à EMI d'enregistrer et de distribuer le spectacle de François en CD. Ce sera d'ailleurs son premier « lazer », comme on disait à l'époque.

En plus de ses premiers sketches, il y reprend certaines des chansons qu'il pastiche le dimanche matin pour les besoins de son émission et qu'il écrit toujours en réaction à l'actualité.

Peu de temps avant cet enregistrement, Mr Nols, alors Bourgmestre de Schaerbeek (commune de l'arrondissement de Bruxelles) réputé très à droite de la droite, fait interdire toute inscription en langue arabe dans les commerces de sa commune connue pour accueillir une importante population originaire d'Afrique du Nord.

Le sang de Pirette ne fait qu'un tour et pour dénoncer cette mesure xénophobe, il réalise un canular dans lequel il piège le secrétariat du bourgmestre en se faisant passer pour un commerçant concerné qui demande comment il doit alors indiquer les prix. On lui répond : avec des chiffres, pardi, quelle question ? Des chiffres arabes, alors ? Ah non, pas arabes ! Des chiffres comment, alors ? Ben des chiffres normaux  !

S'en suit alors un dialogue de sourds du plus haut comique qui ridiculise l'autorité communale.

Pour conclure son « dossier », François détourne alors à la guitare la célèbre chanson de Nino Ferrer « le Sud » en incarnant du même coup un habitant de la commune xénophobe qui se plaint que son décor devienne un peu trop exotique à son goût.

La version présente sur cet enregistrement public réalisé au centre culturel de Seraing est malheureusement privée de son contexte. Le sketch situant la scène et son second degré ont disparu. Seule la chanson est restée.

Par la suite cette équivoque bien involontaire le contrariera beaucoup car, pour les gens dont il s'est toujours employé à combattre les idées nauséabondes, cette chanson sortie de son contexte pourrait flatter ce que Pirette s'emploie justement à dénoncer.

Il faut savoir aussi qu'en 1989, l'étique en matière d'humour n'était encore qu'une chimère et qu'il n'était pas rare que l'on fasse rire de tout bois. Même si l'intention était honorable, le procédé était sans doute bien maladroit. Mais les nombreux textes de l'auteur écrits depuis à ce sujet ne laissent planer aucun doute sur ses convictions d'humaniste et sur son combat contre l'extrême droite.

allo bonjour madame...2

Fort du succès du recueil précédent, sa nouvelle maison de disque EMI, lui propose de sortir sur disque et CD une compilation de ses derniers canulars téléphoniques.

Mais pour agrémenter le tout, on lui propose également de réaliser le « cover » du succès planétaire du moment « I've got the power » de Snap.

C'est Dan Lanckxman qui se charge de la réalisation. François écrit le texte sur commande de EMI : A qui ai-je l'honneur ?

Mais pour que le projet tienne la route, il s'agit de trouver une sacrée voix féminine. C'est finalement Reggie qui lui fait le plaisir d'enregistrer avec lui. Elle est enceinte de plus de huit mois au moment de l'enregistrement et est obligée de chanter assise dans un fauteuil. Le résultat est surprenant. Il faut dire que Reggie n'est autre que la voix du méga tube : « Last night the Dj saved my life ». Surréaliste !

les diables rouches !

En 1992, alors qu'il revient à son bureau après une longue après-midi de canulars téléphoniques, un message l'attend : « Accepteriez-vous d'enregistrer la version française de la chanson officielle des Diables Rouges pour la coupe du monde ? »

Méfiant, persuadé qu'il s'agit d'une blague, s'y connaissant autant en foot qu'en machine à coudre, il rappelle le numéro indiqué. La proposition était on ne peut plus sérieuse.

On lui demande même d'en écrire le texte.

Amusé, il accepte et se commet dans cet hymne au ballon rond dont il se foot éperdument depuis toujours.

Mais cette année-là, les Diables sont éliminés dès le premier tour. Le disque rentre au vestiaire aussi rapidement que les joueurs.

Qu'importe, il peut aujourd'hui se vanter que grâce à ce petit joyau, il a un jour eu Will Tura comme choriste !

on s'en fout !

L'émission change de formule... et de titre. « On s'en fout » est refusé par la direction alors que François en a déjà écrit la musique et les paroles du nouvel indicatif.

Qu'importe ! L'émission s'appellera « Ils sont fous » pour la grille des programmes et l'indicatif chantera « On s'en fout » pour les auditeurs qui reprennent très rapidement ce nouveau refrain.

Très vite un producteur lui propose de l'enregistrer sur disque.

Il en jouera tous les instruments et demandera à sa famille de faire les choeurs. Encore un chef-d'oeuvre !

...jusqu'au bout du fil

En 1995, nouveau recueil de canulars téléphoniques.

Double CD.

En bonus, la musique originale qu'il a composée et enregistrée pour le festival du rire de Monteux.

nounours

A la surprise générale, il choisit une chanson de son enfance « Moi je dors avec Nounours » créée dans les années 60 par Karine et Rebecca.

Il en écrit de nouveaux arrangements et fait alors appel à Daniel Roméo, Yves Baybay, Paolo Ragazzu et à Olivier Bodson pour en enregistrer une version bossa-jazz étonnante qu'il avait créée à l'occasion de son concert aux Francopholies de Spa.

phone collector

En 2003, la RTBF se prépare à fêter ses vingt ans de carrière. Pour l'occasion, EMI édite un nouveau recueil de canulars téléphoniques et lui propose en bonus d'enregistrer n'importe quelle chanson de son choix.

A la surprise générale, il choisit une chanson de son enfance « Moi je dors avec Nounours » créée dans les années 60 par Karine et Rebecca.

Il en écrit de nouveaux arrangements et fait alors appel à Daniel Roméo, Yves Baybay, Paolo Ragazzu et à Olivier Bodson pour en enregistrer une version bossa-jazz étonnante qu'il avait créée à l'occasion de son concert aux Francopholies de Spa.