Pirette and Friends

Une fois de plus, c'est la RTBF qui se fait pressante. Elle lui réclame de concevoir un programme de fin d'année pour ses antennes.

Il accepte, mais a surtout envie cette fois de ne plus être seul en scène.

Pourtant, le spectacle est annoncé comme un one-man-show. Rien ne laisse même supposer qu'il risque d'y avoir des surprises. Mais dans les coulisses, les invités attendent.

Lorsque après les trois premiers sketches solo le premier invité fait son apparition, c'est l'émeute !

Alors qu'il fait mine de reprendre le personnage de Roberto d'Orazio (Alberto de la Razzia) créé dans le spectacle précédent, le vrai Roberto débarque sur scène au beau milieu du sketch pour jouer son propre rôle avec une candeur et une générosité que le public belge ne lui connaît pas encore. C'est un triomphe.

Celui qui pour beaucoup était encore quelques minutes auparavant considéré comme une brebis égarée, voire même l'ennemi public, conquit tout à coup les coeurs et les zygomatiques.

Plus qu'une farce, Pirette réussit ici un véritable coup politique, celui de remettre les choses à leur place et surtout de ramener Roberto là où personne n'aurait dû l'en chasser, c'est-à-dire du côté des justes, des victimes.

La présence de Roberto d'Orazio est tellement improbable qu'à l'occasion du premier des trois soirs de cette cession d'enregistrement, le public croit qu'il s'agit d'un sosie.

Mais chez certains la participation du héros syndicaliste de Clabecq créera malaise et incompréhension. Qu'importe. Pirette, et dans ce cas plus justement Thierry, est convaincu de la noblesse du personnage et de celle de son combat. Il assume et encaisse les attaques sans broncher.

Plus tard dans le spectacle, un autre tableau va une fois de plus partager l'opinion. Alors que le pays vient de vivre avec une molle ferveur le mariage de Philippe et de Mathilde, il recrée la scène en confiant le rôle des époux aux frères Taloche, celui du sacristain à Pierre Aucaigne et se réserve celui du Cardinal Danneels.

Là aussi, François tape dans le mille. Au lendemain de la diffusion du spectacle à la télévision, la scène devient culte et... déchaîne l'arrière garde monarchiste.

Qu'importe. Pirette vient à nouveau d'écrire une page de la télévision belge en réalisant une fois de plus un record d'audience mais surtout en osant pour la première fois mettre en scène pour de rire la famille royale et un syndicaliste révolutionnaire dans le même spectacle. Du jamais vu !

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