Cet été-là, il ne s'attendait qu'à devoir embrayer le dernier tour de roue de la tournée du « Père noël... ».
A cette occasion, la RTBF avait planifié l'enregistrement de deux représentations en vue d'une diffusion ultérieure.
Malheureusement, les négociations pour l'obtention des droits échouèrent deux mois à peine avant la date prévue. Les éditions de la RTBF se retrouvaient donc dans l'impossibilité de proposer une vidéo d'humour dans les « bacs » pour Noël.
La directrice des éditions prend alors contact avec François pour lui demander de réfléchir à une solution de dernière minute en compilant, pourquoi pas, d'anciens sketches et du matériel inédit qui traînerait dans un fond de tiroir. Il refuse.
Elle lui propose alors de relever le défit d'écrire en moins de six semaines un spectacle original dont les deux premières représentations feraient d'emblée l'objet d'un enregistrement. Suicidaire !
Il relève le gant à condition d'avoir le « final cut » et de pouvoir décider seul, à posteriori, de jeter au bac les deux captations si le résultat ne le satisfaisait pas.
Quatre semaines plus tard, le spectacle est écrit. Trois heures de textes ! La semaine suivante, il est enregistré.
L'écriture se fait déjà plus sombre, plus féroce. Il ne trouve pas meilleur titre pour ficeler cette nouvelle création que la formule du journaliste de France Inter, Philippe Meyer, qui concluait alors chacune de ses chroniques par « Le futur a de l'avenir ! ».
Ce qui devait être au départ une déconvenue donnera, sans qu'il ne l'ait prévu, le coup d'envoi d'une tournée triomphale totalement inattendue avec des records absolus de fréquentation pour certains théâtres, soit cinq Palais des Beaux Arts à Charleroi, trois Forum à liège, 7000 spectateurs à Mons-Borinage...
C'est aussi le spectacle ou il donne vie pour la première fois à « Nathalie » avec ses longs cheveux et ses semelles compensées de 18 centimètres de haut achetées à Paris en pointure 41 alors qu'il chausse du 43 ! Depuis, les chaussures étant devenues inséparables du personnage, il pleure en retroussant les orteils à chaque fois que dans la coulisse, il les chausse en moins de 5 secondes avant de revenir en scène prenant bien garde de ne se croquer les chevilles, ce qui arriva, parfois...
