L'année précédente, à l'occasion de l'un de ses passages à Verviers, le directeur du Grand Théâtre lui fait part de son projet de monter « Le père Noël est une ordure » avec une troupe de comédiens locaux et lui propose d'endosser le costume du Père-Noël, histoire d'avoir un nom à l'affiche.
Il refuse, non par prétention de ne vouloir jouer avec des comédiens amateurs, mais parce qu'il est alors convaincu qu'il s'agit là d'un classique intouchable et que personne ne fera jamais aussi bien que ses créateurs. Donc, à quoi bon...
Le directeur du théâtre se faisant de plus en plus insistant, pour ne plus avoir à refuser, François Pirette pose alors une série de conditions dont il pense qu'elles ne seront jamais acceptées. Erreur...
Parmi celles-ci, il réclame de mettre en scène, de maîtriser la distribution, de co-produire, de retoucher certains passages du texte... et surtout, de ne pas jouer. Accepté !
Pris à son propre piège, il s'embarque bien malgré lui dans sa première mise en scène de théâtre.
Mais un quiproquo survient. Les théâtres, persuadés que Pirette sera à l'affiche, programment la pièce de confiance pour leur saison à venir. Mais une fois qu'il leur est bien précisé qu'il n'en signera que la mise en scène sans apparaître sur les planches, ils se désistent.
L'affiche est pourtant attrayante : Alain Soreil, Pierre Aucaigne, Chantal Ladessous,... mais rien n'y fait.
N'ayant toujours trouvé personne pour assurer le rôle de Katia initialement créé par Christian Clavier, il se résigne et s'y colle. Il ne le regrettera pas.
Pour ne pas risquer le piège inéluctable de la comparaison, il décide de jouer la pièce au premier degré, c'est-à-dire comme ce qu'elle est en réalité : un drame malsain réunissant des protagonistes plus égoïstes les uns que les autres dont certains s'engluent, pour se donner bonne conscience, dans les bons sentiments bourgeois de la veille de Noël.
La pièce est un succès. Alors que seulement 18 représentations sont initialement prévues, 80 seront données devant des salles combles partout dans le pays.
Un seul regret, les négociations pour l'obtention du droit de pouvoir l'enregistrer pour la télévision belge ayant échoué, il n'existe aucune trace de ce qui restera pour lui, comme pour tant d'autres, un magnifique souvenir.
