Pop Art

Cette année-là, rien ne se passe comme prévu.

Tout commence par la proposition des organisateurs des Francofolies de Spa de relever le défi de donner un concert dans la grande salle du casino.

Ayant eu vent des préparatifs de cette grande première, la RTBF décide d'en enregistrer l'événement pour la télévision.

Mais ce soir de Juillet, pour la première fois, les dieux du music-hall ne sont pas de la partie et une véritable série de catastrophes s'abat sur le spectacle.

Pour commencer, le régisseur du groupe qui assure la première partie ne rebranche pas correctement le circuit de retour pour le spectacle de Pirette. Une fois monté en scène, ni lui, ni les musiciens ne s'entendent malgré des répétitions au cordeau menées tambour battant toute l'après-midi. Et cela ne fait que commencer...

Pour ne rien arranger, les deux micros du comique produisent l'un et l'autre un « buzz » insupportable pour le public tout au long du spectacle. Mais comme rien ne fonctionne sur scène, ni l'artiste, ni les musiciens ne s'en aperçoivent. Et sachant que la représentation est filmée à grands frais pour la télévision personne n'ose interrompre le spectacle pour réparer.

François Pirette sort de scène épuisé et déçu. Qu'importe, le son ayant été enregistré par un car régie spécialement venu de Hollande pour l'occasion, il sera toujours temps de recoller les morceaux en studio au moment du mixage final.

C'est à ce moment que le technicien sort de son camion, honteux et confus... Il a commis une mauvaise manipulation de formatage des bandes avant l'enregistrement ; elles sont inutilisables.

Pour couronner le tout, un désaccord survenu le matin même entre le technicien lumière du spectacle et le directeur photo de la télévision entraîne ce dernier à choisir une option technique incompatible avec la lumière utilisée sur le plateau. Résultat, sur l'enregistrement, tout est uniformément bleu ! C'est un fiasco total. Des semaines de travail jetées à la poubelle.

La RTBF propose alors à Pirette de très rapidement monter un spectacle pour septembre.

Mais il est épuisé et rien n'est prêt.

Cependant, pour faire tourner le spectacle créé le temps de trois soir avec ses « friends » François avait dû réécrire pour remplacer dans le programme les sketches joués à plusieurs. Certains textes restaient donc jusque là inédits à la télévision.

Mais ce n'était pas suffisant pour constituer un nouveau show. Il se remet donc à l'écriture et s'engage pour un nouveau tournage, dans une petite salle de Charleroi, le « Comédie centrale ». Rendez-vous est pris pour les 16 et 17 septembre 2001.

Dans l'après-midi du 11 septembre alors qu'il est encore en train d'écrire devant la télé allumée le programme s'interrompt pour diffuser en direct les images de l'horreur.

Sous le choc, il décide de tout arrêter comprenant, au-delà de l'émotion, qu'il serait pour le moins incongru d'enregistrer un spectacle supposé drôle cinq jours plus tard.

Mais la production refuse d'ajourner le tournage et c'est à contre coeur qu'il écrit ses derniers textes, à la dernière minute, comme à son habitude.

Cinq jours plus tard, alors que l'atmosphère est lourde d'un deuil mondial et que, le moins que l'on puisse dire, le coeur n'est pas à la rigolade, il donne sans trop y croire les deux représentations pour lesquelles il s'était engagé.

Le spectacle est diffusé à la télévision début janvier 2002.

« Pop Art » décroche d'emblée la première place de toutes les audiences belges toutes chaînes et tous genres confondus. Ce record ne sera jamais contrarié pendant les douze mois qui suivront malgré la coupe du monde de football !

La tournée qui s'en suivra sera à l'image de ce nouveau triomphe.

Pop-Art  : Le spectacle fut intitulé « Pop Art » en hommage au « pape » du genre, Andy Warhol, qui déclara un jour qu'un temps viendrait où n'importe quel quidam pourrait être star ne fut ce qu'un quart d'heure dans sa vie.

Partant du principe que ses personnages étaient tous des anonymes devenus populaires au fil du temps, Pirette choisit ce titre et entreprend de se « warholiser » lui-même en déclinant sur cinq affiches différentes sa tête en bigoudis à la manière de Marilyn.

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