
Certains allaient à la messe, d’autres lavaient leur voiture… Mais chez nous, le dimanche matin, avec mon papa, on écoutait la radio. Parce qu’on aimait bien rigoler. Alors, vers dix heures, on s’accoudait au meuble de la cuisine, on allumait la radio et on priait pour que ma maman n’ait pas de soupe à passer au « mixsoup’ » parce que le mixsoup’, ça fait du bruit et des parasites et qu’on n’entend plus la radio.
Attention, c’était pas une vieille radio ! C’était juste une radio de ces années-là avec du bois, du bakélite et du vinyle gris autour. Et sur la vitre rouge du devant, je me souviens qu’il y avait plein de stations de plein d’autres pays qu’on n’écoutait jamais vu qu’on ne comprenait pas ce qu’elles disaient et que nous, on voulait surtout rigoler.
Je me souviens aussi que j’aimais bien regarder le poste tout en écoutant parce que comme ça on entendait mieux. Et puis, j’aimais bien regarder aussi parce qu’à côté du bouton de volume, il y avait une petite lumière verte très belle qui indiquait si le poste était bien réglé et qui dansait avec le son, comme une petite veilleuse de chauffe-eau, sauf qu’elle était verte. On avait bien une télé, mais le dimanche matin, on regardait la radio, pour écouter plus fort.
Et dix ans plus tard, j’étais dedans. Même station, même heure. J’étais rentré dans la radio !
Alors, mon papa a continué à écouter, mais tout seul cette fois. Enfin presque tout seul… Parce que je sais aujourd’hui que vous avez été quelques-uns à faire comme mon papa le dimanche matin : vous avez écouté la radio. La première fois, c’était le dimanche 9 janvier 1983. J’allais avoir vingt ans.
Voici comment cette improbable aventure m’est arrivée…