









Sa première apparition à la télé, il la doit à la SABAM (Société belge des auteurs) qui l'invite un soir de 1984 à participer au premier gala qu'elle organise au centre culturel d'Auderghem en présence de sa Majesté la Reine Fabiola, comme si le seul fait de passer à la télé ne suffisait pas à donner le trac...
Ce soir-là, épuisé de n'avoir dormi la nuit précédente tant le stress était grand, après les répétitions, il s'isole au fond de la salle et... s'endort.
Quelques minutes plus tard, la sécurité du Palais investit les lieux, le réveille et... lui demande ses papiers. Ils sont restés dans les loges devenues à cet instant inaccessibles pour les raisons que l'on devine. Il n'est à cet époque connu de personne et est donc embarqué au car de gendarmerie de faction devant le théâtre.
Un agent acceptera finalement d'aller chercher ses papiers dans sa loge avant de le « libérer ». Voilà comment s'engage ses premiers rapports avec la télévision. La suite sera à l'image de ce premier rendez-vous : atypique !
Pirette fera deux ans plus tard une brève apparition dans une émission qu'il sent d'emblée vouée à l'échec : « Attachez vos ceintures ! ». Il démissionne après le premier numéro. L'émission s'arrête au bout de quelques semaines.
Il reste alors absent des écrans de télé pendant plusieurs années.
En 1992, alors qu'il prépare son premier Forum à Liège, le promoteur du spectacle Alain Hauglustaine à qui Philippe Luthers (producteur et présentateur de l'émission de variétés « Coeur et pique ») doit un service, choisit l'occasion pour lui demander de lui renvoyer l'ascenseur.
Il s'agira d'inviter Pirette dans son émission pour la promotion du spectacle à venir. Mais Luthers n'apprécie guerre le comique dominical.
Malgré tout, il l'appelle pour lui annoncer que bien qu'il ne l'apprécie que très moyennement, il l'invitera dans son émission sans oublier de préciser que c'est bien parce qu'il doit un service à leur ami commun. Le ton est donné.
Philippe lui passe alors une « commande ». L'invité principal de l'émission étant Julien Clerc, il s'agit pour le comique d'accepter de parodier une chanson de la star et de la lui chanter pendant l'émission. C'est à prendre ou à laisser.
Pirette accepte et se met au travail. Dans son home studio, il recrée l'orchestration de « Mélissa » et en écrit une parodie.
Quelques jours plus tard, dans une ambiance assez tendue, il la chante en public devant l'auteur. Succès ! Clerc est ravi, Luthers aussi.
A compter de ce soir-là, Thierry et Philippe ne se quitteront plus. Mieux, le premier participera dorénavant à toutes les émissions du second.
Luthers vient alors voir son show « 58 ans en 2021 » et lui en propose l'enregistrement pour la télé. A la diffusion, c'est un premier record d'audience.
Le lendemain, le directeur général de la RTBF l'appelle pour lui proposer de faire de la télévision. Après un numéro zéro concluant provisoirement intitulé « Les grands seigneurs », il fait sa rentrée en septembre 1993 avec « Le gros entretien ». Titre définitif !
« Le gros entretien » est un rendez-vous hebdomadaire d'un genre totalement nouveau. L'invité disparaît du cours de sa vie et de la surface de la planète pendant 52 minutes, le temps d'un « gros entretien », sorte de bilan de vie au terme duquel il lui sera signifié s'il mérite de continuer.
Mais le trop jeune Thierry (30 ans à peine à l'époque) veut trop bien faire et paye très vite par des critiques d'une rare violence les frais de trop d'originalité... et d'indépendance.
Il faut dire que ses trois premiers invités sont Antoinette Spaak (ministre d'Etat), Anne-Marie Lizin (parlementaire - actuelle présidente du sénat) et surtout... Jean Gol, ministre de la justice. Si par la suite la première le gardera en estime et la deuxième deviendra l'une de ses camarades, le troisième en revanche n'apprécie que très moyennement l'exercice.
Une quatrième émission sera enregistrée avec le chanteur Pierre Rapsat mais ne sera jamais diffusée. Ereintée par la presse et victime d'une levée de boucliers politiques jusque dans les couloirs du sénat (et de la RTBF, bien entendu), l'émission passe à la trappe après trois semaines !
Pirette est K.O !
On lui permet malgré tout de tenter à la rentrée suivante un rendez-vous quotidien de 3 minutes avant le journal intitulé « Ça va charder » mais le coeur n'y est plus et une fois de plus, l'émission est arrêtée au bout de trois semaines.
C'est précisément à ce moment que Laurent Ruquier l'appelle pour rejoindre son équipe de chroniqueurs dans son émission « Rien à Cirer » sur France-Inter.
Au printemps 1994, en plus de son rendez-vous quotidien à la radio, « Rien à cirer » devient également une émission de télé diffusée en direct tous les soirs de 19 à 20 heures sur France 2. Mais il ne s'agira que d'un intérim. La chaîne attend Drucker à la même heure pour la rentrée de septembre.
Un an de « Rien à cirer » plus tard, il sera de la rentrée de Ruquier sur TF1 avec « Les niouzes », émission quotidienne en direct produite par Thierry Ardisson. Dès le premier numéro, l'émission fait scandale et ne connaîtra pas de deuxième semaine. Pour Ruquier comme pour l'équipe, c'est le coup de massue. La presse parle de « catastrophe industrielle » pour la chaîne privée.
Mais la direction des divertissements de TF1 a remarqué le travail fourni par Pirette à l'occasion de cette unique semaine d'émissions et lui propose de poursuivre la collaboration en lui commandant une série de six séquences pilote destinées en cas de succès à un créneau quotidien à 19h55.
Mais deux mois plus tard, lorsqu'il remet ses travaux co-produits avec Ardisson, la direction des divertissements qui n'a pas survécu à l'échec retentissant des « niouzes » est limogée et remplacée par Gérard Louvain. Ses travaux resteront lettre morte.
Il fait alors de nombreuses apparitions remarquées dans l'émission « Bon Week-End ». La RTBF lui demande même d'en être par la suite l'un des piliers et d'apparaître dorénavant dans chaque numéro. Il refuse, craignant d'une part la lassitude du public mais dénonçant surtout les propos souvent équivoques d'un certain rire qu'il condamne.
Quelques temps plus tard, c'est le clash. Il quitte l'émission un soir d'enregistrement en claquant la porte en pleine promotion du « Père Noël est une ordure ».
Mais entre-temps, son spectacle « J'ai très bien connu Chose » a été produit par Philippe Luthers. A sa diffusion, c'est un record d'audience.
Les spectacles suivants « Le futur a de l'avenir », « Pirette and Friends », et surtout «Pop Art » en 2002, confirment le statut de Pirette déclaré par la presse « champion de l'audimat ».
En 2003, il enregistre avec la RTBF le spectacle de ses 20 ans de carrière à Forest National « Libres et égo » et prépare la retransmission en direct de sa version de « La bonne planque ».
C'est alors que l'équipe dirigeante de la RTBF change et la connivence n'y est plus.
La séquence « RTBThon » enregistrée à Forest avec le concours de la quasi totalité des animateurs de RTL-TVI devient l'enjeu d'un véritable bras de fer avec la nouvelle direstion.
Pour apaiser les esprits, un déjeuner a lieu dans un restaurant bruxellois. Mais rien n'y fait, le climat reste tendu et son interlocuteur profite de l'occasion pour lui annoncer que les projets convenus avec l'ancienne direction seraient dorénavant nuls et non avenus. Parmi ceux-ci, une émission provisoirement intitulée « Le Pirette-Show »... Malaise.
Au même moment, entrent dans ce restaurant son copain Jean-Charles Dekeyser (ex-directeur de RTL-TVI) accompagné de Boris Portnoy, patron de la société de production KNTV. Ils déjeunent ce jour-là pour préparer l'émission qui célèbrera les 60 ans de Salvatore Adamo sur la chaîne privée.
Ils profitent du hasard de la rencontre pour demander à François Pirette de participer à la fête qui se teindra trois semaines plus tard au Théâtre Royal de Mons sachant que le comique et le chanteur son amis de longue date. Il accepte malgré l'exclusivité de principe qui le lie au service public, faisant prévaloir la fidélité qu'il doit à son ami Salvatore.
Au cours de la soirée qui est consacrée au chanteur, Pirette surprend tout le monde en interprétant « Je voudrais mourir dans tes bras », qu'il considère comme la plus belle chanson de son ancien illustre voisin du temps où ils habitaient Jemappes.
A l'issue du spectacle, il rencontre naturellement les membres de la nouvelle direction de la chaîne privée qu'il ne connaît pas encore. D'emblée, les atomes se font crochus et quelques jours plus tard, une rencontre informelle a lieu pour envisager la mise en oeuvre d'un projet commun.
Séduit par la sincérité de leur enthousiasme, François accepte et monte sur la chaîne privée le projet initialement conclu avec la RTBF mais boudé par sa nouvelle direction.
Son départ du service public va provoquer un véritable séisme dans le Landerneau audiovisuel belge. La presse en fait ses choux gras pendant des semaines, la direction de la RTBF est même interpellée par le politique qui ne comprend pas comment on a pu laisser filer Pirette.
A nouveau, l'affaire Pirette devient presque une affaire d'Etat. Il reçoit même les encouragements écrits d'un membre du Sénat qui regrette cependant son départ du service public.
En octobre 2004, le premier numéro du « Pirette-Show » est diffusé sur RTL-TVI. C'est le raz-de-marée. Avec plus de 800.000 téléspectateurs et 40% de parts de marcher, l'émission se classe 3ème meilleure audience de l'année derrière « Harry Potter » et « Astérix ». Du jamais vu pour une émission de production belge.
Mais c'est le 12 février 2006 qu'il va exploser les records avec près de 890.000 téléspectateurs et 43,2 % de part de marcher. La diffusion de « Chaleur Charbon » réalise la meilleure audience toutes chaînes confondues depuis plus d'un an.
Les autres apparitions à la télévision...
- Après « Coeur et pique », il participera à toutes les émissions « Tour de chance » produite par Philippe Luthers.
- Entre 1990 et 1995, François participe à plusieurs galas télévisés à l'occasion du Festival du rire de Montréal.
- En 1992 il en présente les deux soirées spéciales « Juste pour rire » à Noël et au Nouvel an pour la RTBF.
- Début des années 90, il sera deux années de suite le maître de cérémonie des galas de la Télévision suisse à l'occasion du festival international du rire de Montreux.
- En 1995 il participe régulièrement à l'émission quotidienne de France 2 « Les bons génies », animée par Patrice Lafont.
- En 2004 il est l'un des parrains du Télévie sur RTL-TVI...